FRANCE : le cyberharcèlement devient un problème de santé publique.

PARIS — 26 septembre — Organización Mundial Bullying Sin Fronteras

La France, contrairement à d’autres pays européens qui continuent d’écouter le chant des sirènes de la bienveillance à l’égard du harcèlement scolaire, du cyberharcèlement et des trolls, renforce sa réponse au cyberharcèlement entre mineurs dans un contexte de dégradation persistante de certains indicateurs de santé mentale chez les adolescents.

BSF l’avait indiqué il y a dix ans :

Des sources liées au gouvernement français reconnaissent que BSF signale depuis des années que le phénomène touche une proportion importante d’élèves et met en garde contre ses conséquences psychologiques possibles, notamment la dépression et les idées suicidaires.

À partir d’aujourd’hui, Santé publique France et le ministère du Travail et des Solidarités accordent une reconnaissance formelle au problème. Le cyberharcèlement est un problème de santé publique qui touche actuellement 28 % des élèves de collège et 23 % des élèves de lycée.

La définition universelle du cyberharcèlement

Selon la définition consensuelle établie entre des membres de l’Organización Mundial Bullying Sin Fronteras et de l’Organisation mondiale de la Santé, et à partir d’un texte élaboré par l’Observatoire international du harcèlement et du cyberharcèlement de BSF, dirigé par le Dr Javier Miglino Helfenstein, expert en droits humains et en protection de l’enfance, le cyberharcèlement est une forme d’agression psychologique et physique qui se répète par l’intermédiaire de moyens numériques (internet, réseaux sociaux, téléphones mobiles) contre une victime qui ne peut pas se défendre, provoquant dommages, peur et détresse, de manière similaire au harcèlement scolaire traditionnel, mais amplifiée par l’anonymat et la diffusion massive de contenus offensants (rumeurs, images, vidéos), 24 heures sur 24.

Caractéristiques clés du cyberharcèlement selon la définition de Miglino Helfenstein

Utilisation de la technologie :

  • internet

  • chats

  • réseaux sociaux

En particulier les « 4 Toxiques » :

  • Facebook

  • Instagram

  • WhatsApp

  • X (Twitter)

Mais également :

  • jeux vidéo

  • autres plateformes

La fonction de harcèlement sur les réseaux sociaux devient insoutenable pour la victime.

Agression persistante :

Comme dans le cas du harcèlement scolaire, le cyberharcèlement ne se produit pas une seule fois ni de manière isolée. Il s’agit d’un comportement systématique, intentionnel et répété dans le temps de la part du ou des harceleurs.

Abus de pouvoir :

À partir du comportement ciblé d’un troll ou d’un harceleur envers sa victime, un déséquilibre de pouvoir important se crée, puisque, dans la plupart des cas, l’attaque parvient anonymement à la victime. Elle devient ainsi ingérable pour la personne qui la subit.

La « meute » :

Dans la plupart des cas de cyberharcèlement, le harceleur obtient respect et admiration pour ce qu’il fait, ce qui entraîne l’arrivée d’autres harceleurs, sous une forme qui pourrait être qualifiée de « meute », attaquant sans cesse.

La victime, privée de soutien émotionnel, juridique et social, peut aller jusqu’au suicide.

Aspect juridique

Le Dr Javier Miglino a une formation juridique et sait donc que, devant les tribunaux du monde entier, il est nécessaire de démontrer que, dans ce cas, le cyberharcèlement provoque un préjudice physique et psychologique, à travers :

  • la peur

  • la tristesse

  • l’humiliation

Cette définition permet d’établir ces paramètres et, de cette manière, de démontrer facilement qu’un préjudice a été causé, en prenant comme lien de causalité le premier contact du harceleur ou de la meute avec sa victime. À partir de là, la justice pourra apporter des solutions aux victimes et rendre une décision de condamnation (civile et/ou pénale) à l’encontre du ou des harceleurs.

Exemples de cyberharcèlement selon Miglino Helfenstein

  • diffuser toutes sortes de rumeurs, notamment concernant la vie sexuelle, la situation économique ou le parcours scolaire, en particulier de fausses accusations de plagiat ;

  • publier des photos compromettantes ;

  • créer de faux profils sur les réseaux sociaux et les jeux en ligne ;

  • usurper l’identité ;

  • envoyer des messages menaçants ;

  • exclure la victime de groupes en ligne ;

  • pirater des comptes afin de lire des messages ou de publier de faux contenus ;

  • révéler des situations réelles, mais portant gravement atteinte à l’intimité de la victime ;

  • publier des commentaires offensants sur des forums ;

  • déshabiller numériquement des photos de personnes au moyen de l’IA ;

  • créer des « deepfakes » ;

  • publier de fausses images en les présentant comme réelles ;

  • publier des images offensant la foi et les croyances.

Enfin : l’incitation au suicide

La santé mentale des enfants et des adolescents affectée en France

L’ampleur du problème apparaît plus clairement lorsqu’elle est examinée conjointement avec les indicateurs de santé mentale.

Les données de Santé publique France publiées par le gouvernement montrent que 20 % des lycéens ont déclaré avoir eu des pensées suicidaires au cours des 12 mois précédents. Le même rapport fait état d’un risque important de dépression chez 19 % de ces élèves.

La France tente de relier deux réponses

Selon les spécialistes de l’Équipe multidisciplinaire internationale de Bullying Sin Fronteras, l’approche française évolue vers une réponse qui relie harcèlement scolaire, violence numérique et santé mentale et idées suicidaires, plutôt que de les traiter comme des problèmes totalement indépendants.

Le gouvernement français a indiqué que l’objectif est d’améliorer l’identification précoce de la souffrance psychologique et de faciliter l’accès des élèves à une aide spécialisée. Parmi les mesures annoncées pour la rentrée 2026 figure un système d’orientation prioritaire pour les élèves présentant des signes de souffrance psychologique.

Le gouvernement français a également mis en place des mesures destinées à protéger les mineurs contre certains risques associés aux réseaux sociaux.

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