GENÈVE - BUENOS AIRES - PARIS, 13 octobre - ORGANISATION MONDIALE BULLYING SANS FRONTIÈRES
L’Organisation mondiale Bullying Sin Fronteras publie ses nouvelles statistiques mondiales sur le harcèlement scolaire pour 2026, établies en collaboration avec son Observatoire mondial et un réseau de collaborateurs présents dans différents pays.
Selon cette organisation, qui indique avoir vérifié des données provenant de 80 pays, le harcèlement scolaire demeure un phénomène massif, dont l’ampleur réelle reste difficile à mesurer en raison du manque de signalements et des difficultés d’accès à certaines régions.
UN PHÉNOMÈNE QUI TOUCHE DES MILLIONS D’ÉLÈVES
D’après les estimations de Bullying Sin Fronteras, sept élèves sur dix auraient été victimes de harcèlement scolaire dans plusieurs pays, notamment en Espagne, aux États-Unis, en Allemagne, au Brésil, en Corée du Sud, au Japon, en Italie, en France et en Pologne.
Dans un deuxième groupe de pays, parmi lesquels l’Argentine, le Royaume-Uni, l’Inde, les Pays-Bas, la Colombie, la Russie, le Pérou, le Sénégal et le Maroc, l’organisation estime que six élèves sur dix auraient subi des épisodes de harcèlement.
Ces proportions sont celles avancées par l’organisation et ne doivent pas être confondues avec les résultats d’une enquête internationale harmonisée.
LES 40 PAYS LES PLUS TOUCHÉS SELON LE CLASSEMENT DE L’ORGANISATION
Le classement mondial 2026 de Bullying Sin Fronteras repose sur le nombre de cas graves de harcèlement scolaire recensés ou estimés par l’organisation.
Espagne : 360 000 cas
États-Unis : 340 000
Allemagne : 330 000
Brésil : 300 000
Chine : 290 000 — données partielles
Corée du Sud : 280 000
Japon : 270 000
Italie : 260 000
France : 250 000
Pologne : 240 000
Argentine : 230 000
Royaume-Uni : 220 000
Inde : 220 000 — données partielles
Pays-Bas : 210 000
Colombie : 200 000 — données partielles
Russie : 180 000 — données partielles
Pérou : 170 000 — données partielles
Sénégal : 160 000
Maroc : 150 000
Australie : 140 000
Chili : 130 000
Belgique : 120 000
Autriche : 110 000
Équateur : 100 000 — données partielles
Norvège : 90 000
Suède : 80 000
Grèce : 70 000
Algérie : 60 000
Costa Rica : 50 000
Arabie saoudite : 40 000 — données partielles
Panama : 30 000
Canada : 28 000
Venezuela : 26 000 — données partielles
Guatemala : 25 000
Nouvelle-Zélande : 24 000
Bolivie : 23 000 — données partielles
Philippines : 22 000
Suisse : 21 000
Croatie : 20 000
Uruguay : 18 000
L'organisation précise que les données sont partielles lorsque des circonstances extérieures, telles que les conflits armés, la présence de groupes paramilitaires ou la censure politique, empêchent de vérifier l'ensemble des cas.
Le Mexique, qui figurait parmi les pays les plus touchés dans les éditions précédentes du classement, n'a pas pu être audité pour cette édition. Bullying Sin Fronteras espère pouvoir réintégrer le pays à son recensement en 2027.
DES CAS LARGEMENT SOUS-DÉCLARÉS
Pour l'organisation, les chiffres recensés ne représentent qu'une partie des violences réellement subies. De nombreuses victimes et leurs familles gardent le silence, tandis que certains établissements et responsables institutionnels ne donnent pas toujours une visibilité suffisante aux situations de harcèlement.
L'absence de signalement constitue donc un obstacle majeur à l'évaluation du phénomène et à la mise en place de politiques de prévention efficaces.
LE HARCÈLEMENT NE S'ARRÊTE PLUS AUX PORTES DE L'ÉCOLE
Avec le cyberharcèlement, les violences peuvent se poursuivre après les cours, à travers les réseaux sociaux et les applications de messagerie. Les humiliations, les menaces, les rumeurs et la diffusion de contenus préjudiciables peuvent ainsi prolonger les souffrances des victimes jusque dans leur vie privée.
Bullying Sin Fronteras affirme que 200 000 enfants et adolescents perdraient chaque année la vie dans le monde à la suite du harcèlement et du cyberharcèlement. Cette estimation particulièrement grave doit toutefois être considérée avec prudence : elle n'est pas accompagnée, dans la publication, d'une méthodologie détaillée permettant de la vérifier indépendamment.
FILLES ET GARÇONS ÉGALEMENT CONCERNÉS
Selon l'organisation, le harcèlement toucherait aujourd'hui les filles et les garçons dans des proportions comparables, soit environ 50 % pour chaque sexe. Les formes de violence, leurs conséquences et les modalités de signalement peuvent néanmoins varier selon l'âge, le contexte et le pays.
POURQUOI LE HARCÈLEMENT PERSISTE-T-IL ?
Bullying Sin Fronteras identifie plusieurs facteurs susceptibles de favoriser les violences entre élèves.
Le premier est le manque de solidarité au sein des classes. La formation de groupes fermés et l'exclusion de certains élèves peuvent alimenter les moqueries, les intimidations et les agressions.
Le deuxième concerne l'influence des réseaux sociaux, des personnalités suivies en ligne et des défis viraux. Les comparaisons permanentes, la recherche de popularité et la diffusion rapide de contenus humiliants peuvent accentuer les tensions entre adolescents.
Le troisième facteur est le manque de réaction de certains adultes. Les enseignants et les équipes de direction jouent un rôle essentiel dans la détection des signes de détresse, l'écoute des victimes et l'interruption rapide des comportements violents.
L'attitude des familles compte également. Lorsque les comportements agressifs sont minimisés, excusés ou même encouragés, les auteurs peuvent être confortés dans leurs actes.
L'organisation souligne enfin la nécessité d'un engagement durable des pouvoirs publics et d'une meilleure coordination entre les établissements scolaires, les familles et les organismes de protection de l'enfance.
L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, UN NOUVEAU RISQUE
La diffusion des outils d'intelligence artificielle ouvre également de nouvelles possibilités de violence numérique. Des images truquées, des montages humiliants ou des contenus intimes fabriqués sans consentement peuvent être utilisés pour intimider, faire chanter ou détruire la réputation d'un élève.
Ces pratiques renforcent l'urgence de sensibiliser les jeunes aux risques numériques et de mettre en place des mécanismes efficaces de signalement et de protection.
UN APPEL À LA RESPONSABILITÉ COLLECTIVE
Pour Javier Miglino, directeur mondial de Bullying Sin Fronteras, la collecte de données sur le harcèlement scolaire doit permettre aux établissements, aux gouvernements, aux universités et aux médias de mieux comprendre le phénomène et d'agir plus efficacement.
La prévention ne peut toutefois reposer sur les seules statistiques. Elle exige une intervention rapide lorsqu'un cas est signalé, une écoute réelle des victimes, un accompagnement adapté et une responsabilisation des auteurs.
Les chiffres présentés dans ce rapport constituent les estimations propres à Bullying Sin Fronteras. Leur interprétation doit tenir compte des limites méthodologiques et des différences entre les systèmes de collecte nationaux. Des organismes internationaux comme l'UNESCO et l'OCDE publient également des données comparatives, établies selon leurs propres définitions et méthodes d'enquête.
La lutte contre le harcèlement scolaire demeure un enjeu majeur de protection de l'enfance. Aucun élève ne devrait avoir à craindre l'humiliation, la violence ou l'exclusion dans un lieu consacré à l'apprentissage et à l'épanouissement.
Source : Organisation mondiale Bullying Sin Fronteras, Statistiques mondiales du harcèlement scolaire 2026.
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